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Waypi
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Messagepar Waypi » mar. 03 octobre 2017 / 13:34 pm

vince92 a écrit :Kopal - Frank Mädler

Kopal est édité par Fotohof Austria et vous pouvez en avoir un bel aperçu sur le site Cargocollective.com, qui présente le travail de la graphiste, A. Riethmüller (http://cargocollective.com/annikariethmueller/Frank-Madler-Kopal)
Un article en anglais sur Mädler sur [url]Momus.ca[/url]
http://corkingallery.com



Merci Vince pour le lien de ce livre magnifique, je viens de le recevoir, j'en suis très heureux!
Si tu as d'autres trouvailles...

Y

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lry12
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Messagepar lry12 » mer. 04 octobre 2017 / 00:31 am

Je me permets de partager ici mon livre-photo préféré : "images à la sauvette" de Henri Cartier-Bresson. Je pense que certains d'entre vous connaissent ce livre qui a marqué l'histoire de l'image fixe ;-) et pour ceux qui ne connaissent pas :

Ce livre fut édité en 1952 à 10000 exemplaires et ne fut jamais ré-imprimé, ce qui explique les prix exorbitants des éditons, même en piteux état. Ce fut d'ailleurs le seul livre que Cartier-Bresson publia lui même. ( tous les autres ouvrages le concernant sont réalisés par d'autres, vous pouvez vérifier ) La couverture fut réalisée par Matisse, à la demande de l'éditeur Tériade. On retrouve dans cet ouvrage ses photos les plus connues. Le livre se scinde en 2 parties : la première montre les photos d'avant-guerre, époque où HCB fréquentait les surréalistes. Cela se voit sur ses images. Photos de rue, de voyages... La 2e partie, c'est l'après-guerre, les débuts de Magnum, le concept d"instant décisif" ( terme que HCB détestait ), les portraits des figures marquantes du XXe siècle...

Lorsque j'ai commencé à m'intéresser à la photo, Cartier-Bresson et son instant décisif furent pour moi une grande influence. Je regardais ses photos sur le net, les analysais afin de comprendre le truc, je parcourais les revues spécialisées, cherchant désespérément un livre du maître. C'est comme ça que j'ai appris l'existence d'"images à la sauvette". Quand je me suis renseigné sur les prix... sans commentaires. :-P

Et puis, il y a quelques années, l'éditeur allemand Steidl sort un fac-similé limité à 3000 exemplaires. Cher, mais plus abordable qu'une édition originale. Inutile de préciser que je me suis précipité dessus. ;-)

Pour la curiosité : https://steidl.de/Books/Images-a-la-sau ... 42953.html

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vince92
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Still Lifes, California

Messagepar vince92 » mar. 13 novembre 2018 / 22:49 pm

Still lifes California, Rudy Vanderlans.



« I will probably always be a graphic designer who makes photographs »


Personnalité très respectée dans le monde du design graphique pour être le co-fondateur en compagnie de sa femme Zuzana Licko de la fameuse fonderie Emigre Graphics puis du magazine Emigre, qui porte ses idées novatrices et expérimentales dans le domaine du design graphique comme dans le domaine social (car selon lui, le design graphique est l’un des vecteurs du changement social) Rudy Vanderlans a aussi réalisé plusieurs livres de photographies.
Ses premiers ouvrages (que je ne connais pas) sont plutôt à visée documentaire. Selon ses propres termes, le contenu y est de la première importance.
Still Lifes, California entame un cycle tout à fait différent.
Né aux Pays Bas, Rudy Vanderlans fait ses études d’arts graphiques à la Royal Academy of Art de La Haye de 1974 à 1979 en vue de devenir illustrateur. En 1981, à 26 ans, une bourse lui permet de continuer ses études à Berkeley. La Californie, qu’il ne quittera plus. Depuis, c’est quand il retourne aux Pays-Bas qu’il se sent en voyage, lors desquels il laisse le plus souvent son appareil photo dans son étui. Car si faire des photos est indéniablement un moyen d’observer et de comprendre, c’est son pays d’adoption qui retient toute son attention.

Pour comprendre, R.V. ne se contentera pas des livres d'Histoire américaine, qu'il lit en grand nombre. Il a l'intention d'expérimenter ce territoire, de hisser cette expérience à la hauteur de sa culture visuelle.
Avec, d'abord, le besoin d’exprimer l’influence que des photographes tels Walker Evans (pour les sujets architecturaux ou vernaculaires) William Eggleston (pour les impressions plus fugitives ou emotionnelles) ou Ruscha (plus pictural, plus attentif à ce qui fait signe) ont eu sur son regard, comment leurs travaux l’ont nourri, le plaisir qu’il a aujourd’hui à les citer, recycler, réactiver; en un mot, comme tout artiste accompli, un moyen de payer sa dette. Ou encore, comme si ce territoire était un immense réservoir d’images et de références, dans lequel un oeil aguerri s’ébat joyeusement.
La seconde transparait dans cette phrase de Rudy Vanderlans « My main intention is to make the ordinary look appealing », c’est à dire de transformer le regard que l’on porte sur le monde, préambule nécessaire à d’autres changements, sociaux ceux là. Une préoccupation qui reste au coeur de son travail, même de manière cachée en comparaison avec ses ouvrages produits dans un style plus documentaire. Cela n’a rien de contradictoire avec la volonté affichée du photographe de produire un travail plus formel, voir formaliste, qui ne véhicule pas de manière transparente un sens univoque, ni bien sûr de message. Le paradoxe n’est qu’apparent. C’est la force visuelle de l’image et son caractère inattendu, sa précision en tout point, son exactitude, en un sens, qui fait sa force poétique, qui fait émerger la possibilité d’un changement, d’autant plus que les sujets sont ou paraissent triviaux ou ressassés. Il est ici tout proche d’Eggleston, la vision sociale en plus. La réception des images peut en outre être modifiée par la légende, lorsque le lieu de prise de vue est lié à un épisode précis de l’histoire américaine, sans devenir documentaire pour autant. Rudy Vanderlans apprécie cette ambiguité laissée, concédée à l’image.
« To me, making a photograph is akin to laying out a page […] I will probably always be a graphic designer who makes photographs ». De ce point de vue la photographie est aussi une façon détournée, réjouissante, enrichissante de faire du graphisme. Le cadre fait figure de page blanche dans lequel Rudy Vanderlans invite les élements de la réalité à venir s’entrechoquer, se superposer, se mettre en valeur mutuellement ou se faire de l’ombre (comme l’ombre d’un poteau téléphonique sur les feuille d’un arbrisseau), à être précisément disposés sur la page comme par un collagiste. La typographie n'est pas en reste, présente dans tout les signes, néons, panneaux ou graffitis. On sent là plus l’influence d’Ed Ruscha, et pas seulement dans la série d’images réalisée à Hollywood.
Enfin, « They give me an excuse to make books ». Tout simplement! Et pas seulement par amour intellectuel des livres, mais du fait de leur caractère tactile, accessible, créateur de lien, populaire en un sens, tout comme le format choisi pour les reproductions, celui de la carte postale.
Still Life, California est le fruit de l’observation attentive de ce territoire pendant plusieurs années. Des milliers d’images. Des milliers de kilomètres. Cela n’a pas épuisé sa curiosité, son envie de toujours mieux comprendre ce pays puisque Rudy Vanderlans a donné une suite à ce premier livre avec Still Lifes, USA, (Gingko press). Se glisse dans la génèse de cette suite un accent plus autobiographique, rétro- et peut être intro -spectif puisque Rudy Vanderlans a pour ce livre refait le périple à travers les Etats Unis qu’il avait accomplit trente ans plus tôt, tout jeune étudiant sidéré par ce qu’il découvrait, et qui n’avait alors pas osé sortir son appareil photo. Pas sans comprendre.

Je ressens toujours la même incrédulité joyeuse devant la précision de certaines images. Le même plaisir sensuel à observer la façon dont les éléments tiennent parfois juste au bord du cadre, comme solidement tenus par des fils invisibles. Force centrifuge contre volonté de l’artiste à faire tenir ensemble. Pourtant une réelle solitude imprègne ces images ("HELP!"), jusqu’à, pour certains, inspirer une certaine mélancolie.



Le troisième volet s’intitule Still Lifes, Tokyo et sort ces jours-ci, toujours chez Gingko Press.

Je vous invite à lire l’interview de Rudy Vanderlans (en) qui a été ma source la plus importante pour l’écriture de ce billet: http://www.printmag.com/daily-heller/vanderlans-makes-ordinary-look-appealing-still-lifes-usa/
Hé ben...

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