Critique du Lomo Instant Wide

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MikeNavy
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Critique du Lomo Instant Wide

Messagepar MikeNavy » lun. 30 avril 2018 / 16:45 pm

Bonjour,
Le "Lomo Instant Wide" de Lomography est présenté systématiquement comme un appareil "fun", créatif, et c'est vrai. Mais toutes les critiques ou tous les résultats de tests que j'ai pu lire sur internet passent systématiquement sous silence plusieurs de ses limitations.
Voici donc un bilan, basé sur mon expérience, avec comme tout bilan qui se respecte, un actif et un passif!

Image

1) Caractéristiques :
Fabricant: Lomography
Modèle: Lomo Instant Wide avec kit d'accessoires.
Films: Fujifilm Instax Wide, Fujifilm Instax Wide Monochrome; 800 ISO, dimensions hors tout 85x108 mm, dimensions de la zone photo 62x99 mm (le rapport largeur / hauteur de ce format "large" est presque à la proportion idéale du "nombre d'or").
Objectif: focale 99 mm, ouvertures f8 et f22. En plastique.
Compléments optiques: "super grand angle" et "macro" dans le kit d'accessoires.
Visée: deux viseurs en plastique interchangeables, (un pour l'objectif 99 mm, l'autre pour le "super grand angle"); pas de télémètre; pas de grossissement; pas de correction de parallaxe; viseur déporté sur la droite
Mise au point: manuelle, variation continue de 0,6 m à l'infini.
Modes de fonctionnement:
- automatique : durée d'exposition 8 s à 1/250 s, ouverture f8 ou f22
- B: longue pose
- "1/30": durée d'exposition fixe 1/30 s et ouverture fixe f8
- compensations: -1 / 0 / +1
- expositions multiples
Flash intégré: nombre guide 13, filtres colorés, prise PC pour flash externe. Le flash intégré dispose de sa propre cellule.
"Splitzer": cet accessoire permet de prendre la photo en plusieurs parties (demies, quarts).
Le bouchon d'objectif intègre une télécommande infra-rouge, avec deux récepteurs sur l'appareil (1 à l'avant et un à l'arrière).
Filetage pour pied.
En face avant, petit miroir à selfie.

2) Créativité :
Le Lomo Instant Wide combine des filtres colorés pour Flash, la possibilité de faire facilement des photos à expositions multiples, un mode pose longue, et le splitzer.
Lorsqu'on combine ces éléments on arrive effectivement à une grande créativité, avec quelques effets spéciaux possibles:
- expositions multiples au flash avec plusieurs couleurs,
- trucages avec un trépied, le splitzer, deux expositions, par exemple une table, deux chaises, on prend la 1/2 photo gauche avec une personne assise à gauche, la 1/2 photo droite avec la même personne assise à droite, et on éjecte la photo : la même personne occupe les deux chaises,
- light painting en mode pose longue,
- etc.
Le format Wide, et encore plus l'ajout du complément optique "super grand angle" permettent de mettre beaucoup de monde sur la photo!
Le miroir à selfie permet de réaliser... des selfies (très narcissique et très à la mode).
Le complément macro permet de réaliser des macrographies "de chic", au jugé, au résultat parfois étonnant.
--> Du point de vue créativité, le Lomo Instant Wide est à la hauteur de sa réputation.

On trouve de nombreux exemples sur les sites de Lomography :
https://shop.lomography.com/fr/cameras/lomo-instant-wide/lomo-instant-wide-white-single
https://microsites.lomography.com/lomo-instant-wide-camera/photos/

3) Cadrage :
Là, ça commence à se gâter ; les viseurs en plastique sont loin d'être de qualité optique, on y voit flou; on a un décalage important (~90 mm) entre l'axe du viseur et celui de l'objectif avec une absence de correction de parallaxe.
--> le cadrage est (très) approximatif

4) Mise au point :
Selon la documentation du Lomo Instant Wide, la mise au point se fait en trois zones.
En l'absence de télémètre on est amené à faire une estimation "pifométrique" de la distance de l'appareil au sujet.
A l'usage on constate qu'au lieu de trois zones, on a une variation continue de la mise au point entre 0,6 m et l'infini.
On peut apporter deux améliorations, qui donneront une mise au point beaucoup plus nette :
- Sur internet, un gars a étalonné son Lomo Instant Wide, en gâchant pour se faire un max de photos (on peut aussi faire un étalonnage en utilisant un verre dépoli qu'on met à l'intérieur du Lomo, à la place du pack Fujifilm).
Étant fainéant par principe, je préfère toujours récupérer le travail des autres que le recommencer ; tablant sur le fait que le Lomo est fait en série, on peut compter sur une certaine reproductibilité d'un exemplaire à un autre.
Sur la bague de mise au point, on trouve des créneaux en relief:

Image

j'ai donc compté les créneaux sur la photo grand format qui était sur le site du gars qui avait étalonné son appareil, et j'ai converti les pieds en mètres:
* référence, premier trait, marqué 0.6m : distance 0,6 m
* 6 créneaux après la référence : distance 0,9 m
* sur le deuxième trait, marqué 1-2m : distance 1,5 m
* 5 créneaux après : distance 2,10 m
* sur le troisième trait, marqué infini: 3 m (on doit donc régler sur infini dès que la distance entre l'appareil et le sujet est supérieure ou égale à 3 m).
- Après avoir ainsi "étalonné" la bague de mise au point, il reste à trouver un moyen d'évaluer correctement la distance, bref il nous faut un télémètre.
En restant dans l'esprit "approximatif" du Lomo, on peut faire un télémètre "à pas cher" avec un morceau de bristol, une règle, un marqueur fin, un mètre à couturière et une calculatrice.
C'est la méthode du "télémètre humain" (en anglais, human rangefinder). Elle est exposée ici:
https://tomchuk.com/misc/rf/
https://www.lomography.com/magazine/153938-measuring-distance-with-human-rangefinder
Il faut connaître:
- la distance inter-pupillaire "e"
- la longueur entre l’œil et le bras tendu tenant le morceau de bristol à la verticale "a"
- on gradue alors le bristol avec des traits verticaux; le premier correspond à la longueur du bras "a" et se trouve sur le bord du papier; pour les distances suivantes "d" (0,9 ; 1.5 ; 2,1 ; 3 m) on calcule x=e*(d-a)/d, et on reporte cette distance sur le bristol à partir du bord.

Image

Un exemple de bristol gradué:

Image

Utilisation:
On ferme l’œil droit, on tend le bras, on aligne le bord du bristol sur le sujet dont on veut connaître la distance ; puis on ferme l’œil gauche, on ouvre l’œil droit, et on regarde en face de quel trait se trouve le sujet.

5) Profondeur de champ :
Surprise! En mode automatique le Lomo va ouvrir à f8 (faible profondeur de champ) ou f22 (grande profondeur de champ). Et comme il fait ce qu'il veut, on aura la surprise lors du développement instantané de la photo!

6) La cellule
Avec ses deux ouvertures f8 et f22 et son mode automatique non débrayable, vive les photos impossibles à réussir :

Arrière-plan surexposé:

ImagePort de Nice, vue du Château by Mike Navy, sur Flickr

Correction -1, arrière-plan OK, premier plan sous-exposé:

ImagePort de Nice, vue du Château by Mike Navy, sur Flickr

Je voulais montrer la montagne, mais le Lomo a mesuré la luminosité du ciel et la montagne est sous-exposée:

ImageMontagnes environnant Beuil, vue des Launes by Mike Navy, sur Flickr

Mais surtout, bien que conçu pour utiliser exclusivement des films de haute sensibilité, 800 ISO, le Lomo ne permet pas l'utilisation de ce film en pleine luminosité !
La datasheet du film, http://www.fujifilm.ca/shared/bin/Datasheet_instaxwidefilm_en.pdf donne les courbes de densité en fonction du produit luminance x durée d'exposition pour le film.
On y voit que :
- La densité est plate jusqu'à H=2*10^-3 lux.s
- Elle décroît fortement à partir de H = 3.1*10^-3 lux.s
- Elle est minimale, le film est complètement surexposé à partir de H = 3.1*10^-2 lux.s
Quelle est la conséquence?
En pleine lumière (mais pas directement braqué sur le soleil), la luminance vaut entre 10000 et 25000 lux.
Supposons que l'ouverture f22 est utilisée, ce qui est logique en pleine lumière.
Avec une distance focale de 99 mm, le diamètre de l'ouverture vaut 99/22 = 4,5 mm.
La surface de l'ouverture vaut PI*4,5^2/4 = 15,9 mm2
La surface exposée du film vaut 62x99 = 6138 mm2.
La luminance ramenée au film est donc comprise entre 10000x15,9/6138 = 25,9 et 25000x15,9/6138 = 64,7 lux.
Pour éviter une surexposition, la durée d'exposition ne devrait pas dépasser 3.1*10^-2/25,9 = 1/835 s pour une luminance de 10000 lux.
Or le Lomo ne peut pas fermer plus vite que 1/250 s.
--> Le Lomo Instant Wide n'est pas adapté à la photo en pleine lumière.
On peut certes utiliser le filetage de l'objectif, destiné aux compléments optiques, pour mettre un filtre de densité gris neutre. Mais la mesure de la lumière se faisant au-dessus de l'objectif, il n'y a pas moyen de faire prendre en compte le filtre par la cellule. On peut aussi utiliser une compensation "-1". Mais le résultat sera "au petit bonheur". Les photos suivantes ont été prises par fort ensoleillement :
Photo partiellement surexposée, compensation -1 :

ImageSur le chemin des douaniers by Mike Navy, sur Flickr

Photo sous-exposée, filtre -2,4 EV, compensation + 1 :

ImageLes Launes by Mike Navy, sur Flickr

Photo "miraculeusement" exposée correctement, filtre -2,4 EV, compensation +1:

Imagechardons by Mike Navy, sur Flickr

Et je n'ai pas mis ici les photos totalement ratées, complètement surexposées.

7) Photo au flash :
Le flash incorporé est de faible nombre-guide, 13, c'est donc un flash de faible puissance, peu performant.
Si on peut le désactiver, on ne peut pas le forcer : c'est le Lomo qui décide ! Pas moyen donc de forcer le flash en extérieur pour, par exemple, enlever un contrejour sur un portrait.
En mode automatique, l'utilisation d'un flash externe est difficile :
- Le Lomo n'est pas assez rapide pour que sa cellule puisse ferme l'obturateur lorsque le film a reçu assez de lumière ; sa vitesse max est de 1/250 s, contre des éclairs de flash qui durent en général de 1/450 à 1/35000 s.
- Il faut donc compter sur le flash pour gérer le problème, mais qu'on utilise un flash en mode manuel ou en mode automatique (flash à senseur incorporé) il faut figer l'ouverture de l'appareil, et on ne le peut pas. On pourra toujours supposer que si l'on veut utiliser le flash c'est qu'il fait sombre, et espérer que le Lomo ouvrira à f8 et régler le flash en conséquence...
En mode "1/30" on fixe l'ouverture à f8; on peut régler le flash en conséquence.
--> Le flash intégré est peu performant, l'utilisation d'un flash externe ne peut se faire qu'à f8, avec une faible profondeur de champ

VIII) L'objectif :
Lomography est connue pour ses objectifs "Lo-Fi", on n'achète pas un appareil de la marque pour faire de la photo fidèle, mais pour les effets plus ou moins surprenants qu'on pourra avoir.
Et on est bien servi avec le Lomo Instant Wide !
Vignettage :

ImagePalais Maeterlinck et Cap Ferrat by Mike Navy, sur Flickr

Vignettage accentué en cas de sous-exposition :

ImageNice, port Lympia, vue de la jetée du phare. by Mike Navy, sur Flickr

Reflets de lumière :

ImageCap de NIce, vue de la jetée du phare by Mike Navy, sur Flickr

Distorsions (et même une distorsion dissymétrique, en bas de la photo) :

ImageFontaine, Porte Fausse - Vieux-Nice by Mike Navy, sur Flickr

Le complément optique macro est très difficile à maîtriser.

Il ne faut pas oublier de couper le flash :

ImageMarguerites by Mike Navy, sur Flickr

Et même lorsqu'on a compris (c'est écrit nulle part) qu'il faut faire la mise au point à l'infini, et qu'on a réussi à centrer correctement le sujet, il faut en être à 10 cm précisément (+/- 1 micromètre :wink: ), tellement la profondeur de champ est faible. Ici, en extérieur, avec du vent, c'est mission impossible :

ImageArbre en fleurs, macro. by Mike Navy, sur Flickr

C'est pas laid, mais c'est pas net...

--> Lo-Fi ? on est très proche du No-Fi !

9) Conclusion :
Le Lomo Instant Wide est fun et créatif, c'est dans ses gènes.
Il est facile à utiliser, mais difficile à maîtriser : c'est avant tout un appareil approximatif !
- cadrage approximatif,
- mise au point approximative, améliorable,
- profondeur de champ "surprise",
- cellule limitée, à deux ouvertures, inadaptée à la prise de vue en forte lumière extérieure,
- flash incorporé de faible puissance, flash externe d'utilisation délicate, avec ouverture f8 et faible profondeur de champ,
- le complément optique macro est très difficile à maîtriser,
- objectif très "Lo-Fi", avec vignettage, reflets de lumière, distorsions et manque de piqué (en plastique).

Le Lomo Instant Wide cependant peut réserver de très bonnes surprises ! Il faut essayer, noter ce qui marche, et recommencer !

ImageNice, jetée du phare by Mike Navy, sur Flickr

Merci d'avoir lu jusqu'au bout ce long post !
Dernière édition par MikeNavy le mer. 02 mai 2018 / 13:55 pm, édité 5 fois.
Cordialement,
MikeNavy


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Messagepar consommable » lun. 30 avril 2018 / 17:28 pm

il faut être à 10 cm précisément


Du plan-film ou du l'extrémité de l'objectif?...
Faire avec légèreté les choses sérieuses et avec sérieux les choses légères.
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Messagepar MikeNavy » lun. 30 avril 2018 / 17:31 pm

consommable a écrit :
il faut être à 10 cm précisément


Du plan-film ou du l'extrémité de l'objectif?...


Le sujet précisément à 10 cm de l'objectif, avec une très faible profondeur de champ...

Sans doute faisable en studio, sur pied, avec un réglet. Pas faisable en extérieur, quand le vent fait bouger la branche fleurie...
Cordialement,
MikeNavy


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Messagepar MikeNavy » lun. 30 avril 2018 / 19:24 pm

Un complément sur les films :

- Fujifilm Instax Wide (couleur) :
D'après sa data-sheet, il a une définition de 10 lignes au mm ; ainsi, la photo de 62x99 a une définition équivalente à 613800 pixels. Elle supporte peu d'agrandissement...
La chimie est OK, pas de filets blancs : Fujifilm maîtrise son sujet, bien mieux que Polaroid Originals (l'ADN est pourtant le même : pour mémoire, le procédé Fujuifilm descend du procédé Kodak instantané, qui était lui-même une copie améliorée du procédé Polaroid Land).
Une critique : les rouges ne "pètent pas".

- Fujifilm Instax Wide Monochrome :
C'est un faux noir et blanc ("Monochrome"), tout comme l'Instax Mini Monochrome. Lorsque les couleurs du sujet sont jaunes ou vertes, la photo prend une tonalité définitive jaunâtre ou verdâtre.
Dans cette photo, les murs sont sont de couleur ocre jaune, ils ressortent pus jaunes que le sol :

ImageLavoir, 1876 by Mike Navy, sur Flickr

Avec un filtre orange, on peut même obtenir une photo monochrome vert :

Image

Avec des tonalités de bleu (le ciel) et de blanc (l'immeuble), on est plus proche d'un noir et blanc classique :

ImageImmeuble "La Riviera", 1890 by Mike Navy, sur Flickr

La résolution du film monochrome a l'air d'être supérieure à celle du film couleur. Ce n'est qu'une impression, que je n'ai pas pu confirmer, Fujifilm n'ayant apparemment pas publié de data-sheet des versions monochromes de ses films Instax.
Dernière édition par MikeNavy le lun. 30 avril 2018 / 20:28 pm, édité 1 fois.
Cordialement,
MikeNavy


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Messagepar sal123ome » lun. 30 avril 2018 / 19:52 pm

MikeNavy a écrit :Un complément sur les films :

- Fujifilm Instax Wide (couleur) :
D'après sa data-sheet, il a une définition de 10 lignes au mm ; ainsi, la photo de 62x99 a une définition équivalente à 613800 pixels. Elle supporte peu d'agrandissement...
La chimie est OK, pas de filets blancs : Fujifilm maîtrise son sujet, bien mieux que Polaroid Originals (l'ADN est pourtant le même : pour mémoire, le procédé Fujuifilm descend du procédé Kodak instantané, qui était lui-même une copie amélioré du procédé Polaroid Land).
Une critique : les rouges ne "pètent pas".

- Fujifilm Instax Wide Monochrome :
C'est un faux noir et blanc ("Monochrome"), tout comme l'Instax Mini Monochrome. Lorsque les couleurs du sujet sont jaunes ou vertes, la photo prend une tonalité définitive jaunâtre ou verdâtre.
Dans cette photo, les murs sont sont de couleur ocre jaune, ils ressortent pus jaunes que le sol :

ImageLavoir, 1876 by Mike Navy, sur Flickr

Avec un filtre orange, on peut même obtenir une photo monochrome vert :

Image

Avec des tonalités de bleu (le ciel) et de blanc (l'immeuble), on est plus proche d'un noir et blanc classique :

ImageImmeuble "La Riviera", 1890 by Mike Navy, sur Flickr

La résolution du film monochrome a l'air d'être supérieure à celle du film couleur. Ce n'est qu'une impression, que je n'ai pas pu confirmer, Fujifilm n'ayant apparemment pas publié de data-sheet des versions monochromes de ses films Instax.


C'est marrant mais on dirait que suivant la personne, les yeux ne voient pas pareil...

Pour ma part, le film Instax COLOR voit bien mieux le rouge que le film de Polaroid Originals (pas Impossible, Polaroid Originals, car Impossible avait eu des "batches" qui restituaient très bien le rouge dans le passé...) qui lui se contente d'un rouge qui ressemble à un orangé... moche. Difficile d'avoir du magenta et du violet aussi, qu'Instax COLOR reproduit bien plus fidèlement.

Ensuite pour Instax MONOCHROME... les couleurs du sujet changent très peu la "couleur" du rendu "monochrome". Il s'agit plutôt de la luminance. Mais quoi qu'il arrive, si tu scannes tes photos Instax MONOCHROME juste après la prise, tu seras déçu. 48 heures après la prise, le verdâtre disparaît pour laisser une teinte bleuté, plus accentuée que celle que le FP3000B nous a habitué à. Oui, le FP3000B est légèrement froid... il suffit de le comparer avec un vrai tirage noir et blanc sur papier argentique. Mais après c'est une question de goût... PO/IP 600 N&B tourne au jaune/orangé/sepia (en fonction des productions...) tandis que Instax MONOCHROME est froid avec du bleu, et j'insiste, après 48h. Pas de suite. De suite, c'est vert (j'aime pas le vert).

Pour terminer ma réponse, je trouve que tes scans sont trop saturés (même les monochrome) par rapport à la réalite. Il est vrai que le Lomo Instant'wide à tendance à brulé les deux bords de la photo aussi... ça donne deux bandes vertes sur le film Instax COLOR et deux bandes magenta sur le film MONOCHROME mais pas autant que sur tes scans. J'ai revendu cet appareil qui était pour moi une bonne idée, mais fini à l'arrache.

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Messagepar MikeNavy » lun. 30 avril 2018 / 20:14 pm

C’est marrant, mais je trouve plutôt des tons bleus sur l’instax monochrome juste après le développement; ils disparaissent au bout de quelques dizaines de minutes pour les tons jaunes verts définitifs, qui perdurent (sur la photo du lavoir ça fait quelques mois...). Mais, encore une fois, ça dépend des couleurs du sujet.
Pour les rouges, je ne compare pas les Instax aux Polaroids, mais aux couleurs du sujet.
Enfin, je ne peux pas savoir ce que tu vois sur ton écran. Sur le mien, que j’ai étalonné (gamma et luminosité), les scans sont très proches des photos.
Cordialement,
MikeNavy


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Messagepar sal123ome » lun. 30 avril 2018 / 20:35 pm

MikeNavy a écrit :C’est marrant, mais je trouve plutôt des tons bleus sur l’instax monochrome juste après le développement; ils disparaissent au bout de quelques dizaines de minutes pour les tons jaunes verts définitifs, qui perdurent (sur la photo du lavoir ça fait quelques mois...). Mais, encore une fois, ça dépend des couleurs du sujet.
Pour les rouges, je ne compare pas les Instax aux Polaroids, mais aux couleurs du sujet.
Enfin, je ne peux pas savoir ce que tu vois sur ton écran. Sur le mien, que j’ai étalonné (gamma et luminosité), les scans sont très proches des photos.


Vraiment ? Bleu d'abord, vert après ? ... Voit-on les même couleurs ? :lol:
Oui, la couleur rouge a toujours été une difficulté de la photographie de toute façon. Car il faut mettre un filtre infrarouge (que ce soit un capteur numérique, ou bien dans un négatif couleur) pour ne pas noyer la photo de couleurs qu'on ne voit pas (sauf film spécial infrarouge qui donnera des couleurs fausse... Aerochrome étant la référence je crois), mais il ne faut pas que le filtre soit trop fort... et comme aussi chaque humain a une sensation très différente du rouge... Mon écran a des couleurs très faiblardes, pourtant je trouve tes scans trop "saturés"... Je vais essayer de scanner une photo WIDE Monochrome que j'ai faite et l'ajouter ici.

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Messagepar consommable » lun. 30 avril 2018 / 20:41 pm

Ce charmant rat est assurément saturé, il faut lever le pied sur le "gamma(-)".
Faire avec légèreté les choses sérieuses et avec sérieux les choses légères.
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Messagepar Lucius Maximus » mar. 01 mai 2018 / 08:01 am

Je suis admiratif concernant la complétude de ce retour d’experience. Avoir un vrai retour sur l’instax Wide me conforte dans mon choix de conserver mon 500 AF.
Concernant le film noir et blanc, au constat qu’il s’agit s’un Faux noir et blanc je ne peux qu’aquiecer.
Ce n’est qu’un film couleur RVB classique auquel on a empiré une des composantes RVB, qui triche donc avec notre vue, la ou le film Polaroid Originals noir et blanc est un vrai panchromatique (des fois orthochromatique hehehehe) noir et blanc.

Pour ce qui de la similarité entre les 2 procédés la on est loin, très loin. Décortique des plans films et tu comprendras que ce n’est pas du tout pareil.
Le plan film Fuji est semi transparent de base, le négatif est rose translucide et la chimie contient un opacifiant noir.
La photo est prise à travers le négatif et la révélation de l’image la redresse.
Pour Polaroid on est sur une solution opaque avec un miroir pour redresser l’image. Il y a un agent densifiant blanc.
Et le système est effectivement celui de Kodak, même pas un dérivé, le même. Rachète à kosak qui n’avait plus droit de l’exploiter.
Un instant fugace que l'on rend éternel, oui c'est ça une photo...

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Messagepar MikeNavy » mar. 01 mai 2018 / 11:55 am

Lucius Maximus a écrit :Avoir un vrai retour sur l’instax Wide me conforte dans mon choix de conserver mon 500 AF.

Oui, le 500 AF est sans doute le meilleur des appareils faits par Fuji pour l'Instax Wide.
Pour ma part j'ai commandé à Patrick G. Putze un Polaroid 110 A/B (avec visée du 110 B) remis à neuf et converti pour l'Instax Wide, avec un dos de Fujifilm 210 Wide. C'est fait sur commande, ça prend environ 12 semaines, et j'attends le mien vers le 25 juin 2018.
Une autre solution sera sans doute le RF 70 de MiNT, destiné à l'Instax Wide, en cours de développement, avec un mode automatique et un mode manuel.

Lucius Maximus a écrit :Pour ce qui est de la similarité entre les 2 procédés la on est loin, très loin.

Je ne parlais que d'origine commune sur les procédés chimiques :
- Kodak a mis au point un procédé instantané en enfreignant des brevets de Polaroid, et a perdu un procès.
- Fujifilm avait acheté le procédé Kodak, et a négocié avec Polaroid le droit de continuer à l'utiliser sans faire concurrence à Polaroid, sur les marchés asiatiques exclusivement.
- Avec la cessation d'activité de Polaroid en 2004, Fujifilm a eu le champ libre pour diffuser son procédé, Fotorama.
- Fujifilm a depuis fait évoluer son procédé, qui est passé de Fotorama à Instax.
En ce qui concerne la chimie, "l'ADN" des Instax est donc le même que celui des Polaroid Originals, on remonte aux brevets du Dr Land dans les deux cas.
Bien entendu, les Instax sont destinés à des appareils sans miroir et, pour corriger l'inversion haut-bas et droite-gauche, les films sont transparents et exposés par l'arrière.
A l'inverse, les films Polaroid Originals sont destinés à des appareils à miroir, sont opaques, et exposés par l'avant.
Cordialement,
MikeNavy


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Messagepar Lucius Maximus » mar. 01 mai 2018 / 12:35 pm

Le procès Polaroid Kodak est une fumisterie dans les faits.
Car le brevet d’origine serait celui de la photo hahaha

Mais bon, pour nous utilisateurs, l’impoetant C’sst L’image :)
Un instant fugace que l'on rend éternel, oui c'est ça une photo...


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